Marathon de Köln – 7 octobre 2018

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Marathon Story

Köln Marathon (Allemagne)
7 octobre 2018

Gaëtan Horlin (BEL) – n° 4972

 

La préparation

A l’heure de choisir la destination de mon sixième marathon (après ceux de Namur, Reykjavik, Amsterdam et deux fois Anvers), je souhaitais trouver une organisation d’un certain renom, un parcours plat et pas trop loin de la maison. Mon dévolu s’est porté sur le marathon de Cologne, d’autant que certains de mes coéquipiers du « Groupe Gobert Running Team » (mon club de course à pied) y participaient également. Rendez-vous pris le 7 octobre 2018 à Cologne donc.

A l’instar de mes marathons précédents, ma préparation s’est étalée sur 10 semaines. Elle a ainsi débuté le 31 juillet, en pleine période de canicule et dans le sud de la France où j’étais en vacances. Le plan suivi fût le même que pour mon marathon précédent, celui de Namur en avril dernier (3h03). Ce plan, sous forme d’un fichier Excel, m’a été donné par un Ami que je considère comme mon mentor en course à pied (Gilles). Le schéma est assez classique : deux séances de fractionné par semaine (une de fractionné court et une de fractionné long), chacune suivie d’une séance de régénération, pour terminer par une sortie longue le WE (dont certaines de ces sorties incluaient des blocs à allure marathon). Le volume total se montait à 640 km, soit une moyenne hebdomadaire de 64 km, plus ou moins modulée en fonction de la semaine concernée. Toutefois, en marge de ma préparation marathon, j’avais décidé également de prendre part à un triathlon « DO » (1,5/40/10) début septembre à Huy (Belgique). C’était un souhait de longue date et une nouvelle expérience aussi, mon premier triathlon ! Dès lors, en gardant à l’esprit que l’objectif principal restait toutefois le marathon de Cologne, j’ai allégé certains entrainements de course à pied au profit de séances de natation et un peu de vélo. Au total, ma préparation marathon de 10 semaines a finalement consisté en 585 km de course à pied (dont quatre sorties longues de 20, 21, 24 et 30 km), 11 km de natation (crawl) et 150 km en vélo. Au début de la préparation, certaines séances étaient parfois laborieuses, peut-être aussi en raison de la chaleur. Mais à la fin, surtout après le triathlon (9 septembre), la forme était nettement perceptible. Bonne forme qui m’a permis même de réaliser un chrono jamais fait auparavant sur un 10 km, à l’allure de 3’51’’/km. Au cours de cette préparation, j’ai également inclus de nombreuses séances d’étirements et de gainage. Donc globalement, tout s’est très bien passé et sans bobos. Qui plus est, la prépa. m’a permis d’alléger mon poids de près de 5 kilos…

Le Marathon

Nous voici donc dimanche 7 octobre à l’aube et malgré l’excitation engendrée par la course imminente, j’ai relativement bien dormi. Je dis bien relativement, mais toujours bien mieux que la nuit précédant mon marathon à Reykjavik (Islande) en août 2017 (3h07), durant laquelle je n’avais pu que trop peu dormir. A Cologne, le marathon démarre à 10 heures, ce qui évite de devoir se lever trop tôt pour manger. J’ai donc mis l’alarme de mon téléphone mobile sur 6h30 et mangé dès le lever. Au menu, du muesli et des fruits secs mélangés à du Pic2yahourt à la vanille, deux œufs, une barre protéinée et une banane que je mangerai un peu plus tard, 1h30 avant le départ. Après le repas, la douche m’a fait beaucoup de bien. Je me suis habillé méthodiquement, presque rituellement, en prenant bien soin de ne rien oublier… surtout pas les sparadraps sur les tétons ! J’hésite, vais-je porter un singlet ou pas ? J’opte pour le singlet mais un petit tour dehors afin de « prendre la température » me fait à nouveau hésiter. Il pleut très légèrement et la température n’est que de 11°, ce qui contraste avec le beau soleil et les 24° d’hier après-midi… Mais c’est très bien ainsi, les conditions sont bien meilleures pour courir et je conserve finalement le singlet. Par contre, le vent est bien présent, j’espère qu’il ne sera pas trop gênant durant la course, surtout dans les espaces ouverts tels que ceux qui bordent le Rhin. Mon hôtel se trouve en face de la ligne de départ, Ottoplatz, j’ai donc le temps de faire mes bagages et de les porter à la voiture stationnée non loin de l’hôtel, à la Lanxess Arena. De retour à l’hôtel, je m’allonge sur le lit et « rentre dans ma bulle », je fais quelques exercices Pic3de respiration afin de me relaxer, le stress commence à monter… Après avoir passé un coup de téléphone à la maison (ma famille y est restée), j’ai fait le check-out de l’hôtel à 9h puis suis allé porter mon sac avec mes vêtements de rechange dans une des camionnettes UPS prévues à cet effet. Les sacs seront acheminés près de la ligne d’arrivée, ce qui me permettra de prendre une douche et mettre des vêtements propres après le marathon. J’ai fait un échauffement léger, histoire de ne pas partir à froid et de faire accélérer un peu mon rythme cardiaque. Cet échauffement a consisté en quelques étirements dynamiques, quelques déboulés, des talons-fesses et des levers de genoux, entre lesquels je trottinais. Peu avant le départ, j’ai retrouvé Philippe et Thomas, deux de mes coéquipiers. Nous nous sommes positionnés ensemble dans le premier tiers du box de départ « rouge », soit le box « de tête ». Le ballon « 3h » est devant nous, à l’avant du box, juste derrière les élites. Il ne pleut plus, tout au plus quelques gouttes éparses mais le ciel reste menaçant. Je suis stressé, comme d’habitude avant une compétition, je me mets seul la « pression ». En l’occurrence, j’ai mon objectif en point de mire, soit moins de 3 heures. Voilà, les canons à confetti qui jouxtent la ligne de départ crachent leurs « munitions ». Le départ est doPic4nné. C’est parti, je déclenche le chrono de ma montre en franchissant la ligne. Avant le marathon, j’ai longuement réfléchi à la stratégie à adopter : negative split, allure constante, etc ? De l’analyse a posteriori de mes marathons précédents, il ressort que je faiblis souvent environ 10 km avant l’arrivée, sans vraiment toutefois avoir le sentiment d’avoir déjà connu le « mur ». Sachant que la réalisation de mon objectif requiert de courir à l’allure moyenne de 4’14’’/km et, sans faire de savants calculs, courir les dix premières minutes à 4’30’’/km suppose d’en courir dix autres à 4’00’’/km pour conserver l’allure moyenne cible ! En ayant donc à l’esprit que je faiblirai probablement (en espérant que ça soit le plus tard possible), et en sachant aussi qu’aux ravitaillements je marquerai un bref arrêt, j’ai pris l’option de partir d’emblée en 4’10’’/km, ce qui me laisse un peu de marge. Dès le départ on se marche un peu dessus, j’ai dû dépasser pas mal de concurrents au plus près de la barrière afin de pouvoir me caller sur l’allure souhaitée ; il m’a fallu environ un kilomètre pour y parvenir. Nous passons sur le pont qui enjambe le Rhin, il est bordé de drapeaux « RheinEnergie Marathon ». Un peu plus loin, vers le deuxième kilomètre, je retrouve David, le quatrième membre du Pic5« Groupe Gobert Running Team ». David a pris le départ avec le singlet de Philippe en main mais il n’a pas pu le lui remettre avant le départ. Heureusement, Sabine, la femme de David récupérera le singlet quelques centaines de mètres devant. David et moi restons un peu ensemble, et Philippe revient à notre hauteur. Mes sensations cardio et musculaires sont excellentes mais d’un point de vue intestinal, c’est plus compliqué, je ne me sens pas vraiment au top… Nous longeons le Rhin sur sa rive gauche et, malgré que l’espace soit dégagé, le vent n’est pas gênant, il est même peut-être dans notre dos. J’ai pris un peu d’avance sur David et Philippe et, avant ou après le ravito du 5ème kilomètre (je ne me souviens plus), j’ai rejoint le ballon « 3h ». J’hésite, je me « repose » un peu dans le groupe qui suit le ballon ou je le dépasse ? Je n’ai pas hésité très longtemps, j’ai dépassé le ballon, mon allure étant un peu plus rapide. Je passe le 5ème kilomètre en 20’53’’. Bref arrêt au premier ravito pour prendre une gorgée d’eau. En général, je ne snobe jamais un ravitaillement, ne serait-ce que pour un peu d’eau. Souvent, je m’arrête aussi, même si ça n’est que très brièvement. L’expérience m’a montré qu’en m’arrêtant, d’une part je peux boire correctement sans tout renverser et d’autre part, je rattrape presque toujours les concurrents qui, eux, ne se sont pas arrêtés… Nous longeons la rive gauche du Rhin jusqu’au 7ème kilomètre et croisons les coureurs de tête qui remontent déjà dans l’autre sens. Je me sens toujours très bien, c’est fluide, je prends du plaisir, même si je sens que ça « travaille » dans mon ventre. Ca n’est pas le petit-déjeuner qui me gêne, j’ai mangé la même chose que d’habitude, au même moment et ça n’a jamais été un problème. Non, ce qui me gêne, ce sont de crampes plus loin dans l’appareil digestif, mais pour l’instant, ça n’est pas problématique… De fréquents coups d’œil à ma montre me mettent en confiance, l’allure moyenne indique 4’09’’/km et je dois presque me convaincre de ne pas aller plus vite. Je le pourrais pourtant mais j’ignore quel sera mon état de fraîcheur dans 20 km, je préfère donc assurer plutôt que de me griller. Je m’astreints donc à maintenir l’allure constante. Mon souci actuel est plutôt ailleurs, je dois faire pipi, j’ai bu beaucoup d’eau depuis mon réveil ce matin… Je m’arrête ou pas ? Il y a des buissons où je pourrais me soulager. Obnubilé par l’objectif (oui, je sais, c’est excessif !), 30 secondes d’arrêt pourraient faire la différence en fin de marathon. OK, je ne m’arrête pas… Et je ne me fais pas pipi dessus non plus, ça passera. De fait au-delà du 15ème kilomètre, l’envie m’est passée. Nous en étions donc au 7ème kilomètre, à partir duquel nous faisons « demi-tour » et remontons la rive gauche dans l’autre sens. Pendant 3 kilomètres environ, je croise donc tous les coureurs qui étaient derrière moi. J’arrive entre le 10ème et le 11ème kilomètre lorsque je croise le « bus-balai » qui est aux environs du 4ème kilomètre. Entretemps, au 9ème kilomètre, j’ai pris de l’eau au ravito, ce qui a engendré quelques crampes d’intestins. Ouille, c’était trop beau, tout allait trop bien jusqu’ici ; si la prise d’eau me donne des crampes, je n’ose même pas penser aux gels… (même si ce sont toujours les mêmes que j’utilise et que je teste régulièrement sur mes sorties longues). Heureusement, ça n’a pas duré trop longtemps, ouf ! Je passe le 10ème kilomètre en 41’37’’, soit 20’45’’ après le passage aux 5 kilomètres, mon allure est rigoureusement constante. Je m’en assure à l’aide des temps de passage car ma montre me joue des tours en ce qui concerne l’allure instantanée. Je suis bien conscient qu’en milieu urbain la réception des satellites GPS est dégradée et que ma montre est particulièrement sensible à ce phénomène, mais de là à indiquer une allure instantanée tantôt de 3’21’’/km, tantôt de 5’50’’/km sans que j’aie effectivement changé de vitesse de course, j’en étais venu à douter de l’allure moyenne renseignée par ma montre. Me voilà donc un peu rassuré. On approche du 14ème kilomètre et du troisième ravito. Comme à mon habitude, bref arrêt, un pas de côté pour laisser passer les concurrents qui ne s’arrêtent pas et je bois. Pas de poubelles, sol jonché de gobelets vides, je n’ai d’autre choix que de jeter également mon gobelet par terre et je repars. Aille, grosse et douloureuse crampe d’intestin, j’ai l’impression que je vais défaillir, je ne me sens pas bien du tout. Et là, tout défile dans ma tête : faut oublier le chrono espéré, ça va être une galère, abandonner peut-être,… Heureusement, cette sensation très désagréable n’a duré qu’un poignée de secondes, mais j’ai eu peur ! Alors que je devrais bientôt prendre mon premier gel (idéalement juste avant le prochain ravito), j’y renonce, de peur d’aggraver les crampes. Je vais essayer de repousser la prise d’un gel aussi longtemps que possible, mais avant que la fringale ne survienne ; autrement, il sera alors trop tard ! Ce moment de stress passé et tous les autres indicateurs étant au vert (je ne pense plus trop à faire pipi), je file vers le 15ème kilomètre, que je passe en 1h02, soit 20’40’’ plus tard qu’au 10ème. Je maintiens donc le cap point de vue allure. Nous sommes à présent revenus dans le centre-ville, dans lequel nous serpentons. Au gré de l’orientation des rues par lesquelles nous passons, le vent est parfois de face. Même s’il est bien perceptible, sa vitesse est modérée et il n’est pas trop gênant, probablement atténué par le milieu urbain relativement dense qui nous entoure. Hormis les crampes d’intestins à chaque passage de ravito (au 17ème et au 21ème), mes sensations sont excellentes, si bien que mon allure moyenne entre le 15ème et le 16ème kilomètre est de 3’59’’/km et entre le 18ème et le 19ème, de 3’51’’/km (pour peu que ma montre soit correcte). L’allure moyenne sur la portion 15 > 20 kilomètres est de 4’02’’/km. Ma fréquence cardiaque est stable autour de 157 (84% FCM). Sur le bord de la route, des orchestres animent le parcours ci et là, et les enfants tendent la main aux coureurs. Je suis dans une phase euphorique, je ne manquePic6 pas de leur répondre par une petite tape dans la main. Voilà (déjà) le passage au semi, je suis parti depuis 1h27’53’’ ! Là, petit stress, comme quoi quand on court on a certainement beaucoup de sang dans les jambes mais plus beaucoup dans le cerveau… Afin de vérifier que l’allure moyenne indiquée par ma montre (4’09’’/km) est toujours OK, je me remémore mon temps de passage au 10ème kilomètre et le multiplie par deux, ce qui donne grosso modo 1h23’20’’, que je compare à mon temps de passage au semi… Ouille, 4’30’’ de plus ! « Enfer et damnation », ce n’est pas correct… Sauf que 10 x 2 ça fait 20 km, pas 21,1 km ! Ouf, c’est bon, je garde l’allure cible, me voilà à nouveau rassuré. Si je parviens à maintenir cette allure sans faiblir, je me mets à rêver d’un chrono final de 2h56’. J’en suis presque ému, mais mon émotion est de courte durée, je n’y crois pas trop. Après le semi, je paie un peu les efforts consentis à mon accélération relative de fin de semi, ça devient un peu plus poussif, moins « facile ». Point positif, mes crampes intestinales tendent à disparaître. Quelque part autour du 25ème kilomètre, le passage pour les coureurs se rétrécit, si bien qu’on ne peut plus passer que un par un, ou presque, mais c’est à dessein, afin de passer au plus près des spectateurs qui nous encouragent. On se serait cru au Tour de France dans la montée de l’Alpe d’Huez, ça donne un bon coup de « boost », et je ne peux m’empêcher moi aussi d’applaudir les spectateurs en guise de remerciement ! Peu après le 6ème ravito (l’eau passe déjà mieux maintenant), je franchis le 25ème kilomètre en 1h44’17’’, soit 21’13’’ après le passage au 20ème. C’est la première fois dans ce marathon qu’il me faut plus de 21’ pour parcourir 5 kilomètres, signe de mon petit coup de mou (ma fréquence cardiaque est restée toutefois assez constante). Au 26ème kilomètre, je me décide quand-même à prendre mon premier gel, je n’ai pas de fringale pour l’instant mais je sens que si je n’avale rien d’autre que de l’eau, ça va bientôt arriver. A mon grand étonnement, le gel est passé tout seul, sans aucune crampe. Cet apport énergétique était nécessaire, je reprends de la vigueur et accélère à nouveau légèrement. L’allure moyenne reste « bloquée » à 4’09’’/km. Au ravito du 28ème, comme d’habitude, bref arrêt et une ou deux gorgées d’eau avalées ; je n’ai plus vraiment de crampes intestinales. Le 30ème kilomètre approche, je passe sur le tapis de chronométrage en 2h05’27’’, j’ai à nouveau mis moins de 21’ pour parcourir les 5 kilomètres précédents (allure sur ce bloc de 5 kilomètres : 4’07’’/km). Je « déroule » sans plus trop me poser de questions, ni même ressentir beaucoup d’émotions ; ce qui est paradoxal, l’arrivée se rapproche pourtant. Maintenant, c’est le mental qui commence à travailler… Huitième ravito, hop, une gorgée et nous sommes presque au 31ème kilomètre ; nous croisons la tête de course dans l’autre sens. Pas de kenyans, ce sont des allemands mais ça court très vite ; eux en sont déjà au 37ème kilomètre… Je suis content, je maintiens l’allure et ce, à mon plus grand étonnement, car en général c’est à partir de maintenant que je commence à faiblir. Mais ça n’est pas (encore) le cas. Déjà le ravito du 34ème, ma montre affiche toujours une allure moyenne de 4’09’’/km. Là, je commence à décompter les kilomètres, encore 7, c’est peu dans l’absolu mais avec 34 kilomètres « derrière », c’est beaucoup. Le 35ème kilomètre est passé en 2h26’22’’, moins de 21’ après le passage au 30ème, c’est donc toujours très bon côté allure. Ma montre indique à présent une allure moyenne de 4’10’’/km. Il me reste 34 minutes pour « le » faire ce « sub 3 »… Là, il devient difficile de maintenir l’allure, ça commence à être dur. Mes jambes sont de plus en plus « lourdes » et le bas de mon dos se raidit encore davantage qu’il ne l’était auparavant. C’est à ce moment que je décide de prendre mon second et dernier gel. Je compte encore plus ardemment les kilomètres, je regarde souvent ma montre pour m’assurer que mon allure moyenne reste « sous contrôle ». Alors que je suis au 36ème kilomètre, je croise Thomas dans l’autre sens, à l’approche du 32ème ; nous nous saluons et encourageons mutuellement. Tout semble bien aller pour Thomas. Un peu plus loin, c’est David que je croise. Il est à la peine, je marque mon étonnement d’un geste des bras… David me dit qu’il a des crampes depuis le 12ème kilomètre, je me sens sincèrement désolé pour lui, j’espère qu’il finira et n’abandonnera pas (ce qui fût heureusement le cas). Au 10ème ravito, Ebertplatz, à l’approche du 38ème kilomètre, Benoît et Nathalie (coureurs du « Groupe Gobert Running Team » venus en supporters) sont sur le bord de la route et m’encouragent, ça m’a donné un gros coup de boost. Je les ai salués d’un signe de la main. Merci Ben & Nath, je n’oublierai pas vos « allez Gaëtan, c’est bon Gaëtan, come on gros, come on, come on,.. lâche pas loulou, hein,… allez, come on ! » Cette fois, je ne m’arrête pas au ravito, je ralentis simplement, je jette mes dernières forces dans la « bataille ». Mon rythme cardiaque est à présent plus élevé, il dépasse les 90% FCM et je suis contraint de respirer plus vite pour essayer de garder l’allure. Je ne réfléchis plus beaucoup, je me concentre sur ma foulée et l’allure. Au 40ème kilomètre, un rapide coup d’œil sur ma montre indique 4’11’’/km comme allure moyenne. Comme je le craignais, j’ai un peu faibli. Je n’ai plus la « force » d’appuyer sur les boutons de ma montre pour changer l’affichage et voir mon temps de passage au 40ème kilomètre. A défaut, c’est une horloge publique sur la Rudolfplatz qui me le renseigne, il est 12h48, il me reste donc 12 minutes pour parcourir 2,2 km. Même si mon allure descendait à 5’/km, ça reste jouable. Maintenant, j’y crois vraiment. Les nuages du début de course ont fait place au soleil à présent. On arrive sur la Neumarkt, au bout de laquelle (presque au 41ème kilomètre) il y a un ultime ravitaillement avant l’arrivée. Celui-là, et c’est la première fois, je l’ignore totalement, je passe mon chemin. Je donne tout, j’accélère, mon rythme cardiaque aussi ! Il reste 1200 mètres. Avant dernier virage à gauche, nous remontons une rue commerçante piétonne en direction de la majestueuse cathédrale de Cologne. Mes jambes n’assurent plus que le strict minimum mécanique, tout le reste est dans la tête ! Dernier virage à gauche, la ligne d’arrivée est en vue, il reste environ 250 mètres, j’accélère encore, c’est le sprint final (je suis à 3’49’’/km à ce moment-là). Lorsque je peux distinguer les LED rouges du chrono au-dessus de la ligne d’arrivée, je lis « 2h57 » et je ne sais plus combien de secondes. Un tapis rouge au sol recouvre maintenant les pavés, je le foule, mon émotion est indescriptible… Je lève les deux bras en guise de « victoire », puis les deux pouces lorsque je vois Pic7le photographe à côté de la ligne d’arrivée. Je la franchis et arrête le chrono de ma montre à 2h58’11’’. Je fais quelques mètres puis m’accoude à la barrière sur le côté ; je ne peux retenir mes larmes, je suis trop content d’avoir atteint l’objectif ambitieux que je m’étais fixé. Il y a 5 ans, je ne l’aurais jamais cru si on m’avait dit qu’un jour je courrais un marathon en moins de trois heures… Après avoir quelque peu retrouvé mes esprits, je me suis éloigné de la ligne d’arrivée et ai reçu ma médaille. J’ai ensuite remonté lentement une longue rue en vue de récupérer le sac contenant mes vêtements de rechange et mes affaires de toilette. Cette longue rue accueille de part et d’autre le ravitaillement d’arrivée, il est gargantuesque et il y en a pour tous les goûts : sucré, salé (saucisses, entre autres !) et tous types de boissons ; je picore ci et là. Après avoir récupéré mon sac et mon téléphone, je passe un coup de fil à la maison et je ne peux à nouveau pas retenir mes larmes. Mon téléphone a « chauffé », j’ai reçu de nombreux messages, auxquels je répondrai plus tard. Trois d’entre eux m’ont particulièrement touché ! Je suis allé prendre ma douche (un peu spartiates ces douches mobiles en plein air) puis me suis rendu à pied à la Neumarkt où se déroule l’after-marathon party. J’y ai retrouvé Thomas et Barbora. Nous avons repris la voiture et quitté Cologne vers 17h et, à 19h30, j’étais à la maison. Mon chrono officiel est de 2h58’08’’, je termine 130ème au classement général (sur 4800 finishers) et 17ème dans la catégorie d’âge M45-49 (sur 552 participants). C’est un allemand, Tobias Blum, qui remporte l’épreuve en 2h17’.

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Carte du parcours

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Les bilans

D’abord le bilan personnel :

  • Satisfaction totale, inespérée même !
  • Le plan marathon que j’utilise me convient très bien, il comprend en moyenne 5 sorties par semaine pour un volume hebdomadaire compris entre 60 et 85 km selon la semaine concernée. Le volume peut sembler « léger », mais les résultats sont là. J’ai suivi ce plan pour les marathons de Namur et Cologne, avec succès, en terminant respectivement en 3h03 et 2h58
  • Le plan n’est pas trop intrusif et permet de combiner harmonieusement vie de famille, vie professionnelle et sport
  • L’inclusion de séances de vélo et surtout de natation me semble avoir été plus que profitable. L’amélioration posturale induite par la natation est une valeur ajoutée
  • Durant le dernier mois de préparation, je me suis astreint à faire des étirements/gainage un jour sur deux. Dans le même esprit, au bureau, j’ai troqué ma chaise contre un swiss ball ou une position de travail debout. Au début, mes collègues s’interrogeaient mais mon « originalité » est vite rentrée dans les mœurs…
  • Les chaussures Saucony Ride 10 utilisées sont excellentes. Pas d’ongles noirs ou d’ampoules majeures à l’issue du marathon (comme pour certains de mes marathons précédents). Juste une toute petite ampoule au petit orteil droit, bien vite soignée
  • Le GPS et l’allure instantanée de ma montre (Polar M400) assez peu précis dès que les bâtiments et la végétation alentours sont plus denses (même peu)
  • J’ai abandonné mes semelles de correction de la pronation, j’ai d’ailleurs le sentiment de ne plus être pronateur du tout ! Je ne porte plus que des semelles de compensation pour prévenir une bascule du bassin
  • Pic de forme très perceptible environ deux semaines après le triathlon de Huy (9 septembre)
  • Allure régulière, le premier semi passé en 1h27’53’’ et le second en 1h30’15

Mon avis sur ce marathon :

  • Excellente organisation. Du germanique, une valeur sure…
  • Pas d’affichage de la distance tous les kilomètres, dommage
  • Signe distinctif des meneurs d’allure un peu « cheap », un simple ballon sur lequel le temps est inscrit au marqueur à la main
  • Le semi-marathon partait à 8h30 et le marathon à 10h, si bien que les marathoniens n’ont pas été « gênés » par les semi-marathoniens et vice-versa
  • Passage un peu étroit au départ
  • Très belle médaille
  • Ravitaillements très bien fournis et organisés
  • Marathon cher, j’ai payé 89€ sans le T-shirt (que je n’ai pas acheté, 29€) mais nous avons reçu un sac à dos
  • Public nombreux et très supportif, orchestres
  • Parcours plat
  • Pas de chrono sur le bord du parcours pour indiquer les temps de passage intermédiaires, ni d’indication claire d’où sont positionnés (kilométrage) ces chronos intermédiaires, il fallait le déduire en regardant sa montre

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Marathon de Reykjavik – 17 août 2017

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Marathon Story

Reykajvík Marathon (Islande)
19 août 2017

Gaëtan Horlin (BEL) – n° 542

 

La préparation

Je me suis mis à la course à pied en septembre 2014, un peu par hasard, alors que ce sport ne m’attirait pas auparavant, que du contraire. Aujourd’hui, j’en suis particulièrement accro, pas seulement pour le plaisir et les effets bénéfiques sur la santé qu’il procure, mais aussi pour les liens sociaux qu’il permet de tisser. Même s’il s’agit d’un sport « individuel », il ne l’est que durant l’effort (et encore), il est davantage collectif avant et après les courses. Ce chapitre sur ma préparation est un peu long mais c’est à dessein, afin que le lecteur coureur qui souffrirait des mêmes symptômes que ceux que j’évoque ci-dessous puisse éventuellement trouver des pistes de solution applicables à son cas propre.

Après des participations fructueuses aux marathons d’Anvers (2016) et Amsterdam (2016), respectivement en 3h20 et 3h16, les entrainements et participations aux joggings de 10-15 km qui ont suivi sont devenus plus laborieux, j’avais l’impression de me trainer, l’impression que quelque chose n’allait pas et ce, d’autant plus que le temps passait. Outre une mobilité altérée, mon problème sa traduisait par des gènes et douleurs intermittentes au niveau de l’aine gauche, l’intérieur ou l’arrière de la cuisse gauche, parfois droite et le pubis. Je me disais que ça n’était pas musculaire mais vraisemblablement névralgique, que « ça allait passer tout seul » et je projetais malgré tout une participation au marathon de Rotterdam début avril 2017 ; j’avais entamé une préparation en ce sens. Préparation que j’ai interrompue, pas vraiment en raison du « quelque-chose qui n’allait pas » car, finalement, mon problème était intermittent (il suffisait de ne pas être dans un « mauvais jour »), mais tout simplement parce que le marathon de Rotterdam était sold-out lorsque j’ai voulu m’y inscrire.

Je me suis alors quand-même décidé à prendre rendez-vous chez un médecin du sport (le Dr Renault, au centre de médecine sportive à Mons). Le délai étant d’un à deux mois, je n’ai évidemment pas eu un rendez-vous tout de suite, c’était pour fin mars. Entretemps, je pensais déjà à un marathon pour la seconde partie de l’année, même si c’était risqué au vu de mes problèmes précités. Malgré ça, j’ai quand-même jeté mon dévolu sur le marathon de Reykjavik, capitale de l’Islande. Dans les années 90, j’ai fait cinq voyages en Islande et je suis tombé amoureux de ce pays. Y participer à un marathon serait pour moi une fantastique opportunité d’y revenir après si longtemps. Mi-mars, logement (AirBnB), avion et inscriptions étaient réglés. A l’issue de la consultation, le médecin du sport a diagnostiqué entre autres choses une bascule du bassin vers l’avant et la gauche et des examens complémentaires ont été prescrits, à savoir une échographie et une scaniométrie (mesure précise de la longueur des membres inférieurs). Examens que je me suis empressé de faire début avril ; les résultats seront connus lors de ma prochaine visite chez le médecin du sport, le 16 mai.

N’ayant pu participer au marathon de Rotterdam, je me suis inscrit en dernière minute au marathon d’Anvers, le 23 avril. Le but étant de me tester sur du « long » dans mon état actuel et sans préparation spécifique autre que celle interrompue deux mois plus tôt. Avec le recul, je me dis que c’était un peu suicidaire et dénué de bon sens… Et de fait, même si la première moitié du marathon s’est bien passée (je tenais un 3h15 final), la seconde a été cauchemardesque. Dès le 23ème km j’ai perdu pied. Mes pulsations cardiaques sont descendues aux environs de 130 bpm, mais je ne pouvais plus avancer. Mon problème était donc bien d’ordre mécanique. J’ai rallié l’arrivée dans la souffrance physique et morale en 3h37, loin de l’objectif que je m’étais fixé (3h15). Ma déception était mitigée par la satisfaction d’avoir franchi la ligne d’arrivée malgré tout.

La date de la prochaine visite chez le médecin du sport tant attendue est enfin arrivée. Sur base des résultats des examens, le Dr Renault conclut rapidement que j’ai la jambe gauche plus courte de 8 mm que la droite et me prescrit une semelle de compensation, ainsi que des séances de kiné pour soigner le blocage de mon articulation sacro-iliaque (entre le sacrum et les os iliaques) qui résulte de la bascule de mon bassin. Il est probable que si je n’avais pas pratiqué la course à pied, cette différence de longueur serait restée inaperçue. On verra si les soins prescrits permettent également d’endiguer mes gènes et douleurs au niveau de l’aine et de la cuisse… Fin mai, mois durant lequel je n’ai presque pas couru, et après une participation aux 20 km de Bruxelles aussi chaotique qu’au marathon d’Anvers, j’ai reçu la semelle de compensation de 4 mm d’épaisseur pour mon pied gauche, soit la moitié de la différence de la longueur à compenser (comme il est d’usage). Je disposais déjà depuis plusieurs mois de semelles correctrices de ma pronation, mais pas de la différence de longueur de jambe. Les séances de kiné ont également débuté à partir de fin mai, en premier lieu par le déblocage de mes articulations sacro-iliaques. Au fil des jours, j’ai rapidement vu une amélioration sensible de ma mobilité et pas nécessairement lors des sorties running, mais aussi au quotidien.

La semaine du 5 juin, j’ai recommencé à courir (3 sorties, pour un total de 31 km) en préambule à la préparation marathon devant commencer la semaine suivante. Les sensations commençaient à s’améliorer, moins de difficultés aussi à me redresser lorsque je sortais de la voiture (c’était devenu assez contraignant). Dès le 12 juin donc, c’est parti pour 10 semaines de préparation en vue du marathon de Reykjavik qui a lieu le 19 août, avec l’espoir que le port d’une semelle de compensation soit salutaire quant à mes problèmes de mobilité de bassin et douleurs et gènes y associées. Après avoir comparé plusieurs plans de préparation, j’ai finalement choisi un plan « 3h » téléchargé à partir du site internet du marathon de Paris. Je me suis toutefois fixé un objectif final plus réaliste de 3h10, sachant que le marathon de Reykjavik n’est pas plat (D+280m obtenu après report du parcours dans Google Earth) et qu’il comporte de longues portions en bord de mer (le vent peut être un élément déterminant en Islande…). Au fil des semaines et du port quasi continu de la semelle de compensation et des séances de kiné (Cabinet de Kiné Sportive à Mons, que je recommande vivement), les douleurs et gènes se sont estompées, dans le temps et en intensité. Avant de porter la semelle, il me fallait 2 jours pour récupérer d’une séance de fractionné, certains mouvements de jambe et de bassin étaient alors particulièrement douloureux.

Des dix semaines de préparation, deux ont été réalisées durant les vacances en famille, à la montagne. Il ne fût pas aisé de trouver des longues portions plates et rectilignes pour les séances de fractionné mais finalement le pont enjambant le lac de Serre-Ponçon à Savines-le-Lac (France) s’est avéré très utile à cet effet ! Globalement, la préparation s’est bien déroulée, hormis deux séances complètement ratées. D’abord le 23 juillet, une sortie longue de 2h10 prévue ; je n’ai tenu que 1h25, et encore, avec beaucoup de pauses et un rythme relativement lent. J’étais « terrassé » par la chaleur (29°) et je n’avais plus de jus. Un peu inquiétant quand-même. Ensuite le 4 août, une séance de fractionné de 8×600 mètres était prévue mais je me sentais très fatigué et la piste choisie (une petite piste d’école primaire) était trop courte (150 mètres). Je n’ai pas voulu prendre le risque de me blesser et j’ai arrêté après une fraction. Par contre, il y a aussi eu les très bonnes séances, comme le 31 juillet, cette sortie longue de 31 kilomètres à une allure moyenne de 4’27’’/km, juste au retour des vacances à la montagne. Afin de lever un doute quant à mes douleurs et gènes au niveau du bassin et de la cuisse, j’ai passé une résonance magnétique dont les résultats me seront communiqués durant ma prochaine visite chez le médecin du sport (en septembre). Le but étant d’identifier (ou du moins de ne pas l’exclure car très difficile à diagnostiquer) un éventuel syndrome d’Alcock. Toutefois, sachant que ces douleurs et gènes continuent à s’estomper, dans le temps et en intensité, j’ai le sentiment qu’elles sont (et j’espère bientôt qu’elles « étaient »)  liées uniquement à ma différence de longueur de jambe.

Au terme d’une préparation qui m’a amené à courir durant 10 semaines 40 sorties, longues, fractionné court, fractionné long, côtes et endurance, pour un total de 561 km (ainsi qu’une une sortie de 34 km en vélo), me voilà prêt à m’envoler pour l’Islande ! Je vous raconte mon marathon dans les chapitres qui suivent.

La veille du marathon

Je suis resté six jours en Islande et, hormis le marathon, mon voyage a été particulièrement « dense », riche en émotions, en retrouvailles multiples, en rencontres et en paysages somptueux, le tout ponctué par une superbe météo, où le soleil fût omniprésent, voire même Picture 2chaud par moments ! Il sort toutefois du cadre de ce « récit » de vous raconter la totalité de mon voyage ; je m’attarderai donc ici uniquement sur le marathon.

Le vendredi, veille du marathon (oui, le marathon de Reykjavik se court un samedi), je suis allé chercher mon « race package » au palais des expositions. Il est constitué d’un dossard, d’un chip (pour la mesure du temps) à nouer aux lacets de ses chaussures, d’un T-shirt technique et d’une entrée à la piscine géothermale de Reykjavik (bains chauds, froids, piscine, hammam). Le numéro de dossard m’ayant été attribué est le 542. A l’entrée de l’expo, j’ai retrouvé Joachim et son épouse. Joachim est un compatriote belge et ancien collègue qui participe aussi au marathon ; nous ne nous sommes plus vus depuis plusieurs années. Nous avons passé une partie de l’après-midi ensemble.

A l’expo, la part belle est faite aux produits bio, boissons énergétiques multicolores, algues séchées et autres fruits secs. Sans trop savoir ce que je goûtais, j’ai rappelé aux souvenirs de mon palais le goût… comment dire… si particulier de l’huile de foie de morue. Picture 3Non non, pas les gélules d’huile de foie de morue qui se dissolvent dans l’estomac mais l’huile de foie de morue servie en petits gobelets ! Même si l’expo est relativement grande, très peu d’exposants de chaussures et de textiles de running, mais une place importante est faite aux associations caritatives. En Islande, il semble très ancré dans la culture de courir au profit d’associations et, d’une manière générale, d’adopter une attitude solidaire. D’ailleurs, à l’exposition, j’ai aussi retrouvé Anne-Charlotte, une amie française rencontrée en 1994 durant un de mes voyages en Islande (c’est la journée des retrouvailles aujourd’hui…). Anne-Charlotte habite maintenant en Islande et y a fondé une association,  « Andartak », qui signifie « second souffle » en français. C’est une Picture 4association qui a pour but de lutter contre la mucoviscidose dont son fils, Sebastian, est atteint. Même si je ne l’arbore pas explicitement, je courrai le marathon aussi pour cette association.

Déjà cet après-midi, je suis très stressé par l’échéance de demain, il faut dire que je me suis mis beaucoup de pression, je me suis fixé un objectif chronométrique final de 3h10 ; juste terminer le marathon me décevrait beaucoup. Après l’expo, retour à l’AirBnB dans lequel je loge, il est temps de se reposer. J’ai déjà beaucoup marché aujourd’hui, j’espère pas trop quand-même. Je me suis cuisiné un repas à base de… pâtes évidemment ! Dans la foulée, j’ai aussi préparé le petit déjeuner du lendemain, que j’avalerai au plus tard 3 heures avant le départ du marathon. En guise d’épilogue de la journée, j’ai minutieusement préparé la tenue que je porterai durant le marathon, il ne faut rien oublier, rien négliger. Surtout ne pas oublier les sparadraps pour éviter l’irritation des tétons !

21h30 en Islande (23h30 en Belgique), il est temps de me mettre au lit. Là, problème… malgréPicture 5 les gélules de valériane (complétées de Sedinal+) que j’ai prises pour me relaxer, pas moyen de trouver le sommeil, je me retourne dans tous les sens… et vois le temps passer inexorablement, ce qui me stresse encore davantage. Du repos, j’ai absolument besoin de repos ! Au final, j’ai dormi réellement une heure, tout au plus deux. Le reste du temps, je me suis retourné dans mon lit, essayant vainement de trouver le sommeil, d’autant plus que je voyais l’heure avancer. J’avais mis mon alarme de réveil à cinq heures, de façon à avoir terminé de prendre mon petit déjeuner à temps. Voilà, cinq heures, l’alarme n’a même pas sonné, pas besoin de me réveiller, je l’étais déjà… Je me suis donc levé, je ne me sentais même pas réellement fatigué, j’étais dans un état un peu second, surement « boosté » à l’adrénaline. Petit déjeuner avalé (œufs, filet de poulet, banane et céréales avec un peu de « skyr », une spécialité islandaise, entre le yahourt et le fromage blanc), je me suis remis au lit avec l’espoir de fermer l’œil un peu, mais toujours en vain, d’autant qu’il fait déjà bien clair dehors. Nous sommes deux mois après le solstice d’été, durant lequel la nuit est quasi inexistante mais là, il fait nuit entre 23h15 et 4h30. Un peu surfé sur internet puis je me suis habillé, tel un matador avant de rentrer dans l’arène, méthodiquement, presque rituellement, en faisant attention à ne rien oublier ! Rapide coup d’œil par la fenêtre, il fait très beau, ciel bleu azur mais seulement 5°. C’est frisquet mais nous sommes en Islande !

Picture 6J’ai quitté mon AirBnB peu avant 7h, il se trouve à 2 km du départ de la course, ce qui me laisse le temps d’y aller tranquillement à pied, le départ étant à 8h40 et j’aime toujours arriver bien à l’avance. Sur le chemin, j’ai fait un petit détour par le Sun Voyager, une sculpture métallique représentant un drakkar et située en bord de mer. Je prends le temps d’admirer la mer, elle est d’huile, synonyme de vent nul, ce qui est rare en Islande. Je redoutais justement la présence de vent mais il n’en est rien, et c’est très bien comme ça, de bon augure. Etant donné l’absence de pollution, les montagnes au loinPicture 17 sont nettement visibles. Arrivé au départ dans le centre-ville, il n’y a pas encore beaucoup de monde, si bien que je n’ai pas de difficulté à retrouver Joachim. Le temps de déposer mon sac dans l’école transformée en vestiaire pour l’occasion et Joachim et moi allons nous échauffer une bonne vingtaine de minutes. Je vérifie que le chip de mesure du temps est bien fixé à mes lacets puis je mets une couche de crème « chauffante » (en fait qui n’a rien de chauffante, mais plutôt qui sature les terminaisons nerveuses et annihile la douleur) sur l’intérieur de ma cuisse gauche, au cas où mes gènes et douleurs se réveilleraient. Il est déjà temps de regagner mon box de départ !

Le Marathon

Derrière « Reykjavík Marathon », on distingue une fun race de 3 kilomètres, principalement à Picture 7destination des enfants, un 10 kilomètres, un semi-marathon et un marathon. C’est d’abord un événement très populaire en Islande, et pour les islandais, participer au Marathon de Reykjavík, c’est prendre part à une des courses précitées, quelle que soit la distance choisie. En ce qui concerne le marathon complet, ce n’est pas un « grand » marathon comme les mythiques New-York, Boston, Paris, etc, mais ça n’en reste pas moins 42,195 km à courir !

A l’instar des grands marathons précités, celui de Reykjavik est également homologué par l’IAAF (International Association of Athletics Federations). Il n’est pas plat, il y a un peu moins de 20 % du parcours en côte. Ce ne sont toutefois pas des côtes très pentues, on parle de quelques pourcents. La plus longue côte s’étale sur 1800 mètres, un peu avant le 20ème kilomètre. Compte tenu de l’explosion du tourisme à destination de l’Islande depuis 2005, le nombre de participants au marathon est également en constante croissance. Cette année, il y avait un peu plus de 1400 inscrits sur le marathon et 2400 sur le semi, soit donc 3800 participants pour les deux distances, dont le départ était donné en même temps. Sur le marathon, 60 nationalités étaient représentées avec le top cinq suivant : 338 américains, 191 anglais, 153 islandais, 96 canadiens et 89 allemands. En ce qui concerne mes compatriotes, nous étions 16 belges. En termes de chrono, le record de l’épreuve est de 2h17’, établi en 1993 par Ceslovas Kundrotas, un lithuanien. Ici, pas de délégation kenyane ni éthiopienne… Il y a évidemment un prize money mais pas suffisamment attractif que pour justifier la participation de coureurs professionnels.

Donc voilà, je me trouve à la fin du premier box de départ, à une position correspondant à un temps final entre 3h10 et 3h15. L’attente n’est pas trop longue mais le stress à son paroxysme ! Remerciements habituels du speaker, principalement en islandais, peu de paroles en anglais… coup de pistolet, le départ et donné, la musique démarre en même temps !

Je franchis le portique 8 secondes après le premier partant, je déclenche ma montre, c’est parti !Picture 8 D’emblée, je monte sur le trottoir pour dépasser quelques concurrents, tout en veillant à ne pas partir trop vite. On longe le lac Tjörnin, virage à droite sur le petit pont qui l’enjambe et c’est déjà la première « côte », quelques centaines de mètres et pas trop pentue. Dès le premier kilomètre franchi, on est à nouveau sur du plat, à l’entame d’une longue avenue en ligne droite. La circulation routière est bloquée et la route est toute acquise au marathon. Nous traversons des quartiers résidentiels, les gens sont devant chez eux et font du bruit, encouragent les concurrents, l’ambiance est excellente. Je me sens très bien, ma « stratégie » est de parcourir les 10 premiers kilomètres un peu en-dessous d’une allure de 4’20’’/km, les 20 kilomètres suivants aux alentours de 4’20’’/km et pour les 12 derniers, ce sera en fonction de mes réserves, avec l’espoir de pouvoir encore tenir 4’20’’/km aussi longtemps que possible. Même si j’y ai pensé avant la course, je n’ose pas tester le « negative split ». Sur le marathon, il n’y a pas de meneurs d’allure, il y en a uniquement sur le semi. De toute façon, je préfère me fier à mes sensations. Globalement, j’arrive assez bien à maintenir l’allure sans trop devoir regarder ma montre ; c’est le fruit d’une préparation durant laquelle j’ai essayé au maximum de « mémoriser » l’allure marathon. Déjà dès le second kilomètre on longe la mer sur quelques centaines de mètres avant de revenir vers l’intérieur. Quatrième kilomètre, arrive le Picture 9premier ravitaillement, en haut d’une courte côte, mais pentue celle-ci. Sur chaque ravito, il y de l’eau et une boisson isotonique Powerade. Comme je n’ai pas trouvé de Powerade en Belgique, je ne l’ai pas essayée durant ma préparation et donc pas question d’en prendre pendant le marathon. Manque de bol, sur le premier ravito, pas d’indication distincte entre eau et Powerade et on me tend un gobelet, je le prends, je bois une gorgée, c’est du Powerade, trop tard ! Je jette le gobelet (dans une poubelle, pas par terre), j’ai raté le premier ravito. Avant le marathon, je m’étais inquiété de savoir quels seraient les ravitaillements et sous quelle forme (gobelets ou bouteilles) ils étaient distribués mais j’aurais espéré que sur place ils seraient davantage reconnaissables ; je serai vigilent pour le suivant.

Peu après le ravito, nous revenons en bord de mer, je me sens très bien. De temps-en-temps,Picture 10 rapide coup d’œil sur ma montre, 4’05”/km, ouh là, on se calme, c’est trop rapide, faut en garder pour la fin ! Au cinquième kilomètre, premier temps intermédiaire, 21’16’’ à ma montre (les temps intermédiaires officiels étaient jusqu’à 1 minute supérieurs à ceux de ma montre, seul le temps final était rigoureusement identique), soit une allure de 4’15’’/km. Pulsations cardiaques à 82 % FCM, tout va bien, je me sens très bien. On rentre à nouveau en zone d’habitat résidentiel sur un peu moins d’un kilomètre avant de revenir en bord de mer, et pour longtemps cette fois, ça sera pour les huit kilomètres qui suivent.

Arrive le huitième kilomètre, second ravito ; je ne me laisse plus avoir cette fois, j’arrive à avoir de l’eau. Au neuvième, je cherche des yeux Anne-Charlotte et les membres de l’association Andartak qui doivent s’y trouver. Je n’ai pas vu Anne-Charlotte, ce sera peut-être pour le deuxième passage au même endroit tout à l’heure. Bientôt le passage au 10ème kilomètre et donc également le second temps intermédiaire. C’est bouclé en 42’38’’, je maintiens l’allure (moyenne) à 4’15’’/km, un peu plus rapide qu’initialement prévu, tout va toujours très bien. Mais, ignorant mon état de forme dans 20 km, je dois m’astreindre à ne pas accélérer, voire à réduire un peu l’allure. Mon rythme cardiaque est à 84 % FCM. Peu après le passage du 10ème, un ouvrier de la poissonnerie locale nous arrose avec de l’eau prélevée dans un bac copieusement rempli de glaçons ; je retire ma casquette (même si c’est une casquette « ouverte ») et lève les bras pour en profiter pleinement. Je remercie ce gentil monsieur d’un petit signe de la main gauche, pouce levé. Nous sommes à présent à proximité du port, je commence à avoir une légère douleur sur le haut du pied gauche. Ouille, c’est pas bon ça ; la douleur va un peu en s’amplifiant puis disparait lentement au bout d’un kilomètre. Ouf, petit stress vite oublié.

Après le port, retour en bord de mer et bientôt le ravito du 12ème kilomètre (liquide, toujours eau et Powerade, mais aussi solide, des morceaux de bananes). Je précède le ravitaillement de la prise d’un gel énergétique. Pour avoir testé à l’entrainement, je sais à quel moment de la course je dois avaler mes gels et autres pâtes de fruits. L’avenue est relativement large, si bien qu’il est difficile d’intégrer un petit groupe, tout simplement parce qu’il y a peu de groupes, d’autant que malgré que nous soyons toujours sur le parcours commun au semi-marathon et au marathon, je n’ai pas vu les meneurs d’allure et les groupes qui y sont en général associés. Je suppose qu’ils sont derrière. Tout est très fluide, presque trop facile, je me sens à présent « en régime ». Sur le bord de la route, j’entends parfois « %$éy&€p belgía ». « %$éy&€p » ça, ça matérialise ma compréhension de l’islandais… à savoir nulle ! Par contre, « belgía », là je comprends ça veut dire « Belgique ». Les manchons aux couleurs de la Belgique que je porte aux bras font visiblement mouche (merci Cédric et Delphine de me les avoir prêtés). J’ai aussi entendu « Belgica », en espagnol cette fois-ci. Gracias ! Ca fait plaisir et je réponds en général par un sourire et un pouce levé.

A l’entame du 14ème kilomètre, nous empruntons un tronçon que nous parcourrons en sens inverse deux kilomètres plus loin. Ca monte sur 1200 mètres mais la pente n’est pas bien méchante. Je croise les premiers coureurs du marathon et du semi, ça va vite ! Je commence aussi à chercher Joachim parmi les coureurs dans l’autre sens. Ca y est, entre le 15ème et le 16ème, trouvé, on se croise, je crie « Allez Jo ». Comme un écho, Joachim me répond « Allez Gaëtan ». Voilà le 16ème kilomètre, nouveau chrono intermédiaire, 1h08’31’’, allure moyenne (depuis de début de la course donc) 4’17’’/km, 85 % FCM, l’allure est un peu plus lente, à dessein. Après le chrono et le quatrième ravito au passage, nous virons à droite et remontons l’avenue (Saebraut) dans l’autre sens jusqu’au 18ème, je croise de nombreux coureurs qui sont encore de l’autre côté. Pour eux, les rangs sont nettement plus denses et groupés, d’autant plus qu’on remonte le peloton vers « l’arrière ». Au 17ème, je me sens toujours très bien, toujours fluide. Pour avoir étudié minutieusement le parcours, je sais qu’un peu plus loin ça va monter et je sais aussi que nous ne sommes pas encore au semi, il faut que je ralentisse un peu pour être sûr d’avoir assez de « jus » pour aller jusqu’au bout sereinement. Je dois me caler autant que possible sur une allure de 4’20’’/km, ce qui donnerait un temps final de 3h03, au-delà de mes espérances !

A l’entame du 18ème kilomètre, il est temps de dire au revoir à nos amis du semi-marathon, nos routes se séparent ici. Pour nous, marathoniens, les choses se corsent. D’abord nous sommes déjà bien moins nombreux, ensuite, la route s’élève durant près de 2 kilomètres jusqu’au 20ème ; la côte la plus longue du parcours et avec un dénivelé appréciable aussi. Que dis-je « la route »… finie ici la route toute entière dévolue à la course, nous empruntons maintenant les pistes cyclables et chemins jouxtant les routes. Alors que le cyclisme est en pleine expansion en Islande depuis quelques années, je pense que l’accès aux pistes cyclables était (fort logiquement) interdit aux vélos durant le marathon ; en tous cas, je n’ai pas le souvenir d’avoir été gêné par un vélo. L’arrivée au sommet de la longue côte est récompensée par un ravito (je m’y arrête chaque fois brièvement, ça fait un peu chuter les pulses et on revient finalement toujours sur ceux qui ont « snobé » le ravito) et le passage du chrono au 20ème kilomètre en 1h26’30’’ (plus rapide que la meilleure de mes trois participations aux 20 km de Bruxelles), allure (moyenne depuis le début) 4’19’’/km et fréquence cardiaque (moyenne depuis le début) 85 % FCM, c’est toujours tout bon. Dans la côte, là, évidemment c’est plus dur. L’analyse des données faite après le marathon montre que je suis monté à 89 % FCM et mon allure a chuté à 4’41’’/km. Allez, bientôt le semi, que je passe en 1h31’ à l’allure instantanée de 4’10’’/km (l’allure moyenne est bien sûr la même qu’aux 20 km) et 86 % FCM (instantanée). On entre ensuite dans un petit parc, quelques relances en perspective et encore une pente sur un peu plus de 1000 mètres. Je croise à nouveau Joachim, « Allez Jo »,… « Allez Gaëtan » ! Des spectateurs m’encouragent, j’en ai besoin en ce moment. Cette pente me casse un peu les jambes, mon allure a décru lorsque j’en viens à bout, 5’03’’/km. Voilà, un cap de passé, les dénivelés les plus importants sont aussi derrière. A partir de maintenant, il va falloir commencer à aller chercher des ressources « dans la tête ». Au passage, petite pensée pour ma famille et mes amis qui me suivent à distance. J’avale une pâte de fruit.

Nous empruntons maintenant une allée bordée d’arbres de part et d’autre. Ici, plus de spectateurs et des distances parfois non négligeables entre les coureurs, c’est chacun pour soi. Au sol, les flèches jaune fluo indiquent le parcours sans équivoque et les signaleurs sont omniprésents. On entre à nouveau dans des quartiers résidentiels de banlieue, avant d’emprunter une passerelle qui enjambe la route, une deux fois deux bandes (Miklabraut) au kilomètre 23,7. Et hop, encore une montée des pulses au passage. Rapide ravito au 24ème avant de passer de l’autre côté de l’autoroute, via un court tunnel, suivi d’un autre très peu de temps après pour revenir du même côté. Puis 650 mètres en légère pente avant d’atteindre le 25ème km et son nouveau temps intermédiaire, à savoir 1h48’11’’ et allure moyenne depuis le début à 4’20’’/km. Une erreur dont je ne me rends compte qu’après le marathon, c’est que ma montre affiche l’allure moyenne et non l’allure instantanée, si bien que si je suis maintenant à 4’20’’/km de moyenne et que j’étais trop rapide (en-dessous de 4’20’’/km) au début, c’est forcément qu’à un moment donné j’ai été plus lent. L’analyse post-marathon montre en effet un pic de vitesse à 4’10’’/km au 7ème km, une décroissance très lente de l’allure du 10ème au 23ème km (aussi en raison du relief de la course) jusqu’à 4’27’’/km puis une stabilisation autour de 4’28’’/km jusqu’au 40ème, pour franchir finalement la ligne d’arrivée à 4’05’’/km.

Les habitations et entreprises qui bordaient le parcours il y a quelques kilomètres encore ont fait place à présent à un paysage presque campagnard, nous sommes même passés à côté d’une petite cascade. Pourtant, à vol d’oiseau, le centre-ville n’est pas bien loin, même si celui-ci n’a rien à voir avec celui des villes continentales et leur bruit, leur pollution, leur cohue et le stress qu’ils génèrent. Reykjavik est une petite capitale de 200.000 habitants (agglomération comprise) agréable à vivre ; le mot « stress » ne fait pas partie du vocabulaire des islandais. Par contre, hormis les anciennes maisons du centre (19ème siècle), il ne faut pas chercher ici de « vieilles pierres », ni de riche passé architectural. En 1900, Reykjavik n’était qu’un village de pêcheurs de 6000 habitants.

Pour revenir au marathon, entre le 24ème et le 27ème kilomètre, le temps m’a paru un peu long, horizon peu dégagé (arbres alentours), coureurs épars, peu, voire pas de spectateurs, je me sentais parfois bien seul… Les jambes commencent à se faire plus lourdes à présent. Quelque part entre le 25ème et le 35ème kilomètre et pendant plusieurs kilomètres, une douleur similaire à celle ressentie lorsque mon articulation sacro-iliaque était bloquée s’est faite sentir dans la jambe droite cette fois, comme si c’était cette jambe (et non plus la gauche) qui était plus courte et que mon bassin avait basculé côté droit ; ça m’a fait un peu flipper car à un certain moment (je ne me souviens plus exactement quand) ça me gênait vraiment. Fort heureusement, cette douleur s’est estompée graduellement.

Vers le 28ème kilomètre, ravitaillement ; comme pour les précédents je m’y arrête (pas facile de boire en courant) mais très brièvement. La passerelle qui permet de traverser une large deux fois deux bandes (Kringlumyrarbraut) et que j’avais vue en photo en lisant le compte rendu d’un concurrent de 2013 arrive enfin ; je l’attendais avec impatience, un peu en guise de balise.

Picture 11Maintenant, le paysage s’ouvre sur l’océan, qu’on longera jusqu’au 33ème kilomètre. Quel sentiment indescriptible de courir dans ce cadre, la mer d’un côté, toujours aussi calme et d’huile que ce matin, de l’autre une végétation rase (un peu comme la lande ou la toundra) à flanc de colline, un ciel bleu azur, un air cristallin et le soleil dont la chaleur est bien perceptible, même si la température n’est que de 12-13°. Côte de 500 mètres peu avant le 29ème kilomètre, pas trop pentue mais elle fait mal aux jambes, du moins aux miennes. Je suis à 4’37’’/km en haut. Un peu en contrebas, la plage de Nautholsvík, une plage aménagée avec du sable fin. Une plage ici ? Alors que la température de la mer est à 10-12° en été ?! C’est sans compter que celle-ci est adoucie par l’apport d’eau naturellement chaude issue du sol, ce qui élève sa température autour de 20° en bord de plage, comme à la côte belge ou celle du Nord-Pas-de-Calais.

Je ne suis plus très loin du 30ème mais ça devient dur, même si je n’ai pas vraiment le sentiment de ressentir le « mur ». Je suis à hauteur du bout de piste de l’aéroport domestique de Reykjavik, un Fokker atterrit à ce moment-là, il est passé à 30-40 mètres au-dessus de moi. Allez, j’ai le chrono du 30ème en ligne de mire. Ca y est, c’est passé ! 2h10’29’’, allure moyenne 4’21’’/km, ça devient un peu poussif mais je m’accroche. Plus que 12 kilomètres et dans ces cas-là, quand je suis un peu dans le « mou » et que c’est dur, je compare les distances avec mon circuit habituel d’entrainement, long de 5 kilomètres, et que je connais évidemment par cœur. Donc il me reste 2 tours et demi de « mon » circuit ! Le ravito n’est pas loin. Un peu avant, je prends un gel ; l’eau que je boirai en fera passer le goût très sucré. Je m’arrête un peu plus longtemps qu’aux ravitos précédents, sans pour autant m’éterniser. Je me dis que si je faiblis trop mais que je parviens à rester sous 4’30’’/km, je serai quand-même au maximum à 3h10 à l’arrivée, ce qui reste mon objectif.

On continue à longer la mer, avant de retrouver l’habitat et d’intégrer des quartiers résidentiels et, avec eux, à nouveau quelques supporters de tous âges au bord de la route. Je pense qu’à ce moment-là, j’ai encore dû entendre « Belgía » ou « Belgium » clamé par l’un ou l’autre supporter. On est au 33ème kilomètre, je ne pense plus à l’arrivée mais mon prochain jalon est plutôt le chrono intermédiaire à 37,5 kilomètres,… soit moins d’un tour de mon circuit d’entrainement habituel.

Après un petit coup de mou, qui ne se traduit fort heureusement pas par une baisse d’allure mais par une nécessité de puiser un peu plus loin dans mes ressources, tant mentales que physiques, je me sens à nouveau relativement bien (enfin, comme on peut l’être après 34 kilomètres de course), jusqu’un peu avant le 35ème kilomètre. En effet, voici arrivé le ravito, au somment d’une côte pas bien longue, mais bien pentue. Une hôtesse de Wow Air (compagnie aérienne sponsor de la course) me tend la main, et hop, petite claquette de la main droite au passage. Je saisis un, voire deux gobelets d’eau, toujours en faisant bien attention de ne pas me tromper avec le Powerade. Parfois, peu avant l’arrivée aux ravitos précédents, il fallait que je lance « water ? », accompagné d’un signe de la main vers la gauche et vers la droite.

Je disais donc courte mais pentue cette côte à hauteur du ravito. En effet, si pentue qu’elle a fait monter mes pulsations, au point que je n’arrive plus à reprendre la course, je marche quelques mètres. Arrivé à ma hauteur et voyant que je faiblis, un concurrent m’exhorte (presque en criant) à recommencer à courir… j’obtempère et le suis sur 300 ou 400 mètres, avant de reprendre du poil de la bête et de le distancer un peu. Je regrette de ne pas avoir mémorisé son numéro de dossard pour connaître son nom ; je me souviens juste de sa combinaison (style triathlon) couleur rouge bordeaux.

Picture 12Voici le 35ème kilomètre, nous revenons en bord de mer, je dépasse un coureur qui s’est visiblement blessé, il boite. Je lui donne une petite tape amicale sur l’épaule en guise de soutien, mais bon, ça ne lui est pas d’un grand secours… Nous sommes dans la commune de Seltjarnarnes, à l’extrême ouest de la péninsule, dans un décor qui fait un peu penser à une réserve naturelle, avec une végétation du type « landes », sans arbres, juste des hautes herbes. Nous quittons la route pour emprunter à nouveau la piste cyclable et filer jusqu’au 37ème kilomètre, qui finalement arrive relativement vite.

Je me suis assez bien senti sur cette portion entre le 33ème et le 37ème kilomètre. Passé le tapis de chronométrage à 37,5 kilomètres en 2h44’23’’, à l’allure moyenne de 4’23’’/km depuis le départ (toujours à ma montre, l’allure officielle est légèrement plus lente), je commence à faire mes calculs de temps final. Une allure moyenne de 4’25’’/km à l’arrivée me donnerait un temps aux alentours de 3h06’20’’. Comme je suis un peu plus rapide, je me mets à rêver à 3h05’.

Maintenant, plus d’autre jalon que l’arrivée, restent un peu moins de 5 kilomètres. A moins d’unePicture 13 blessure, je me dis que je tiens mon nouveau record perso sur marathon. Coup d’œil à gauche, le glacier Snæfellsjökull (littéralement « le glacier de la montagne de neige »), pourtant distant de 120 kilomètres est nettement visible et se dresse majestueusement. C’est là que Jules Verne a situé le départ de son « Voyage au centre de la terre ». Regard droit devant maintenant, les bâtiments proches de l’arrivée sont en vue, de l’autre côté de la baie. Des pensées antagonistes m’envahissent, d’une part, l’envie d’en terminer au plus vite, et d’autre part celle de prolonger un peu le privilège que j’ai à courir dans un tel cadre, une telle atmosphère et dans des conditions météo qui nous gratifient d’une aussi belle « lumière ». C’est la première envie qui prendra finalement le dessus car maintenant je dois vraiment puiser très loin pour maintenir mon allure. Mon rythme cardiaque est à 167, seuil à partir duquel je suis en « zone rouge » (90 % FCM), mes jambes sont lourdes et entre le 38ème et le 41ème kilomètre le temps me parait interminable. Autant avant le marathon et sans même avoir couru 1 mètre, l’émotion pouvait m’envahir, voire me surprendre, autant maintenant et malgré l’imminence de l’arrivée, je cours sans ressentir d’émotions, vraisemblablement aussi sans plus trop de lucidité, un peu comme un robot. Au 39ème kilomètre, je déballe une pâte de fruit, un peu avant le dernier ravito du 40ème kilomètre. Je prends un peu d’eau, comme à tous les ravitos précédents, mais je ne m’attarde pas.

Au 41ème kilomètre, Anne-Charlotte me crie « Allez Gaëtan » ; cette fois, nous ne nous sommes pas manqués. Je me retourne et la salue d’un signe de la main. Cet encouragement me booste pour la fin de la course. Nous quittons la piste cyclable du bord de mer, traversons un rond-point puis longeons le port, la route est à nouveau entièrement dévolue à la course.

A l’entame du dernier kilomètre, je commence à accélérer, je donne tout ce qu’il me reste pour grappiller quelques secondes sur le chrono final. Il va bientôt falloir virer à droite vers le centre. La foule se densifie, je suis tout seul, ce qui me donne presque l’impression d’arriver en vainqueur. Les gens m’encouragent. Le dernier virage est en ligne de mire, je suis à 4’15’’/km et je continue à accélérer. Après le dernier virage, il reste 300 mètres en ligne droite, la foule m’applaudit. Je scrute le chrono, dès que je serai assez près pour pouvoir le lire, j’espère y voir 3h05’. A défaut, au moment où je parviens à lire distinctement, c’est plutôt quelque chose comme 3h06’45’’ que je vois. C’est pas grave, je ne vais quand-même pas être « déçu » pour une minute. Après tout, l’objectif était de 3h10 ! Il reste 100 mètres, je lève les bras pour applaudir la foule et la remercier pour son soutien. En retour, je reçois des applaudissements plus nourris encore ; quel sentiment de plénitude ils me procurent, quels frissons ! Je suis à 4’05’’/km, ma respiration s’accélère encore davantage. Je franchis la ligne les bras levés et les poings fermés en guise de victoire, au moins sur moi-même. Temps depuis le coup de pistolet Picture 21initial 3h07’27’’, ce qui donne un temps net final de 3h07’18’’ sachant que j’ai franchi le tapis de chronométrage 8 secondes après le départ officiel. J’aurais voulu que ce moment dure un peu plus longtemps…

Je suis dirigé vers le ravitaillement final, il y a du solide (pain d’épice, bananes, fruits secs, etc) et du liquide, eau et Powerade. On me remet une couverture de survie et ma médaille. Je marche un peu pour récupérer dans le petit parc situé juste à côté de l’arrivée et transformé pour l’occasion en aire d’arrivée. Le même coureur qui au 35ème kilomètre m’avait exhorté à reprendre la course vient me féliciter, il est arrivé un peu après moi ; « good job guy » me dit-il en me tapant sur l’épaule. Je ne m’y attendais pas, je suis un peu surpris ; je le remercie et le félicite également. Encore une fois je regrette de ne pas avoir regardé son numéro de dossard pour pouvoir l’identifier par après. Je me suis assis sur un banc et là, contrairement à mes marathons précédents, j’ai fondu en larmes, l’émotion, la fatigue, la tension, là je ne retiens plus rien, je me sens tellement heureux. Le temps de retirer la puce de chronométrage nouée à mes lacets, il faut quand-même que je me résolve à présent à quitter l’aire d’arrivée, d’autant que j’ai envie de partager ce moment avec ma famille.

Mais pour ça, il faut que je retrouve Joachim et son épouse qui a gentiment gardé monPicture 23 téléphone portable durant la course. Joachim est arrivé 10 minutes avant moi et je n’ai pas de peine à le retrouver, nous nous congratulons mutuellement. Je peux enfin téléphoner à la maison et partager mes émotions…

Malgré le marathon, j’ai encore pas mal marché le restant de la journée, notamment pour aller à la piscine et profiter des hammam et autres bains à bulles chauffés naturellement. Il y a des bains à 38°, 40°, 42° et 44°. Là, ça commence à faire chaud. A l’inverse, Il y a aussi un petit bassin d’eau entre 5° et 8°. Il parait que c’est profitable à la récupération musculaire, ça s’appelle la cryogénothérapie. J’ai essayé… oui c’est froid, mais ça fait effectivement beaucoup de bien aux jambes !

Après ce jour mémorable, me resteront trois jours en Islande pour découvrir ou redécouvrir le pays, dont un en compagnie d’Anne-Charlotte, Adam et leurs enfants, que je remercie vivement pour leur chaleureux accueil. Il sort du cadre du présent récit de relater ces jours-là mais ils furent aussi extraordinaires que celui du marathon, qui plus est sous un soleil radieux jusqu’à la fin.

Pour conclure et pour la petite histoire, le vainqueur de cette édition 2017 du Reykjavíkur Marathon est Arnar Pétursson, un islandais de 26 ans qui boucle l’épreuve en 2h28’17’’ ; la première dame est Natasha Yaremczuk, une canadienne qui termine en 2h53’25’’. Quant à moi, je termine 40ème sur 1268 finishers au classement général (initialement 42ème puis 40ème au classement final établi deux jours après le marathon) et 14ème sur 220 dans ma catégorie d’âge (40-49 ans).

Carte du parcours

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 Les bilans

D’abord le bilan personnel et les points d’amélioration :

  • Satisfaction totale !
  • La prochaine fois, choisir un plan marathon avec un volume kilométrique un peu plus important (> 650 kilomètres)
  • Revoir éventuellement les chaussures (toujours utilisé des Saucony Guide 9/10), car comme pour les marathons précédents, ampoules aux petits orteils gauche et droit
  • M’habituer à courir encore davantage aux sensations, en faisant abstraction de ma montre
  • Le GPS et l’allure instantanée de ma montre (Polar M400) assez peu précis dès que les bâtiments et la végétation alentours sont plus denses (même peu)
  • Il se confirme que le port de ma semelle de compensation semble être la clé de mes soucis, désormais passés ou en voie de l’être

Mon avis sur ce marathon :

  • Très bonne organisation
  • Ambiance bon enfant
  • Ravitaillements intermédiaires nombreux mais un peu plus de solide aurait été appréciable
  • Indication relative aux ravitaillements liquides perfectible (où est l’eau, où est la boisson isotonique)
  • Pas trop de concurrents, on ne se marche pas sur les pieds
  • Beaux paysages et variés (urbain, rural, marin)
  • Fair-play et respect de tous (participants et bénévoles)
  • Nombreuses portions en bord de mer, très bien lorsqu’il fait beau mais peut-être très défavorable en cas de mauvais temps (vent)
  • Ce n’est pas un marathon plat mais le dénivelé n’est pas non plus insurmontable, loin de là
  • Possibilité de tracking live d’un participant, comme un peu partout maintenant
  • La médaille n’est pas la plus jolie que j’ai reçue mais ce point est relativement secondaire. Le T-shirt distribué est relativement sobre.
  • Au-delà du 18ème kilomètre (séparation semi-marathon – marathon), on se sent parfois un peu seul car moins de concurrents et donc plus grande distance entre eux
  • Spectateurs / supporters épars, il n’y en a pas sur tout le parcours, mais quand il y en a, ils se font entendre
  • Pas de meneurs d’allure sur le marathon
  • L’événement se déroule le même jour que la « Culture Night » ; le soir, il y a des concerts partout en ville, le tout ponctué par un superbe feu d’artifice à 23h
  • Entrée gratuite à la piscine municipale et ses bains chauffés naturellement

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Les 20km de Bruxelles – 31 mai 2015

Logo 20km de BXL

Grand rendez-vous des runners amateurs, aguerris ou « du dimanche », les 20km de Bruxelles attirent chaque année le dernier dimanche de mai plusieurs milliers de participants. Ils étaient presque 41.000 en ce 31 mai 2015, et j’en faisais partie pour la première fois.

20km de BXL 5Sans aucun intérêt pour la course à pieds jusqu’alors, et même plutôt avec une certaine aversion pour ce sport, le dernier week-end de septembre 2014, j’ai participé au jogging de l’association des parents de l’école de mes enfants (Saint-Martin Horrues), étant à ce moment-là président de cette association. Deux options, 5 ou 10km ; j’ai choisi la première… Un mois avant « l’épreuve » je me suis entrainé deux fois par semaine sur le parcours même du jogging. Sur 47 participants, j’ai terminé 12 ème et bouclé les 5,35km du parcours en 25’51’’. Il faisait très beau et même chaud ce jour-là. Finalement, l’expérience a été plaisante et rapidement l’idée de continuer à m’entrainer et, pourquoi pas, participer aux 20km de Bruxelles s’est faite jour. Objectif très ambitieux, et même un vrai défi ! J’avais 9 mois pour me préparer ; je m’y suis attelé immédiatement. Un parcours d’entrainement relativement plat de 5,1km a rapidement été trouvé au départ de la maison. Il s’agit d’une petite route de campagne au milieu des champs. A la faveur d’un hiver particulièrement clément, il a été possible de m’entrainer tout l’hiver. Certains (rares) jours, il fallait faire très attention à ne pas glisser suite au gel nocturne. Mes sessions d’entrainement (2 à 3 fois par semaine) étaient principalement longues de seulement 5km jusqu’en janvier. Ensuite, j’ai couru  quelques fois 10km, une fois 15km et une fois 20km, entre février et avril. Le 21 mars, jour de l’ouverture des inscriptions des 20km de Bruxelles, je suis devant mon PC et à 9h05 je suis inscrit ; plus possible faire marche arrière ! Le dernier mois avant l’épreuve j’alternais des distances de 5 ou 10km. J’ai chronométré toutes les sessions, avec pour objectif entre 23 et 24’ sur 5km, moins de 50’ sur 10km et 1h40’ sur 20km, soit donc un chrono « standard » de 5’/km ou 12km/h sur 10 et 20km et un peu moins de 5’/km sur 5km. J’ai à quelques reprises utilisé l’appli « MapMyRun » sur mon smartphone.

La semaine des 20km, je n’ai plus couru que le lundi précédant l’épreuve. Les jours suivants, j’ai « fait du jus » comme on dit dans le jargon des runners. 20km de BXL 1Les trois jours avant le jour J, j’ai bu beaucoup d’eau (et même de bière la veille de la course, c’était le barbecue de fin de saison de mon club de basket…) et dormi en suffisance. Au matin de la course, un bon petit déjeuner à base de sucres lents (pâtes) et nous voilà partis en direction de Bruxelles, Cécile, Marine, Maxime et moi. Anaïs est restée à la maison, examens obligent. Je suis particulièrement excité et impatient de prendre le départ. J’ai le dossard 9103, défini sur base du temps de référence d’1h45 donné à l’inscription. Je fais partie de la deuxième vague de départ, j’ai un peu peur d’avoir été trop présomptueux. Il fait gris, 15° et il pleut légèrement par intermittence. Dommage, la veille il faisait plein soleil, mais pour courir c’est pas plus mal qu’il en soit ainsi. Après un tour du village départ et un échauffement en musique (Maxime adore aussi), c’est le grand départ, au son du Boléro de Ravel et de la Brabançonne. Le chrono de départ est pris à la sortie du parc du Cinquantenaire. Je déclenche également le mien, c’est parti ! On entame la remontée de la Rue de la Loi jusqu’à la petite ceinture. J’essaie de me caler sur un temps de 5’/km. Le premier km est bouclé en 5’20’’, c’est pas très bien parti…Nous passons devant le Palais Royal, puis nous prenons la Rue de la Régence jusqu’au Palais de Justice, direction l’Avenue Louise jusqu’au bois de la Cambre. Déjà la marque des 5km est atteinte un peu avant d’entrer dans celui-ci. C’est passé très vite depuis le départ, presque trop vite. Je suis bien rentré dans la course, j’ai de bonnes sensations et je récupère lentement le retard pris durant le premier kilomètre. Il pleut. 20km de BXL 4Nous quittons le Bois de Cambre vers le 10 ème kilomètre, j’ai presque 2 minutes d’avance sur mon allure de référence de 5’/km ; je passe les 10km en 48’09’’. Ensuite c’est la Chaussée de La Hulpe, le Boulevard du Souverain. Le public est présent en nombre. Hormis les ravitaillements officiels, je constate que les bananes ou autres quartiers d’orange que d’aucuns tiennent en main sur le bord de la route ne sont pas nécessairement destinés à qui en veut ; leur futur destinataire ayant déjà été désigné bien avant le départ ;o)

20km de BXL 3Nous traversons Watermael-Boitsfort. A partir du 15 ème kilomètre, l’effort commence à se faire sentir, mais j’ai toujours entre 1’ et 1’30’’ d’avance sur mon allure de référence. Au 17 ème kilomètre, arrive alors la fin du Boulevard du Souverain, nous tournons à gauche, sur l’Avenue de Tervuren. C’est le début d’une côte de 1500m de long mais la fin est proche, il faut tenir. Le public se fait plus nombreux encore sur le bord de la route. En regardant mon chrono, je me rends compte qu’un temps final d’1h45’ est tout-à-fait réalisable. Je cherche Cécile et les enfants dans le public, je m’attendais à les voir à l’entame de la côte de l’Avenue de Tervuren. En haut de la côte, et peu avant le rond-point Montgomery, j’entends « Allez papa ! », ils sont là ! Je les salue d’un signe de la main. Les avoir vus et entendus me « booste » pour parcourir les quelques 1500m restants. Le Cinquantenaire est en vue, un temps inférieur à 1h40’ devient maintenant possible. J’accélère encore et franchis la ligne d’arrivée en 1h39’18’’. Ca y est, je l’ai fait et même dépassé l’objectif d’1h45’ que je m’étais fixé. 

Je termine 7186 ème sur plus de 40000 partants. Je reçois ma médaille et, très content et ému, retrouve Cécile et les enfants peu après. A refaire absolument !

Résultat 20km de BXL

SAPCE




Sports

Je pratique le vélo de route, la course à pied et le ski, principalement alpin. En vélo, j’ai monté quelques cols dans les Alpes françaises, à savoir le Col du Galibier depuis Valloire, le Mont Ventoux depuis Malaucène, le Col des Gets et le Col de Joux Verte depuis Morzine et le Col de Joux Plane depuis Samoëns.

Les stations de ski dans lesquelles je suis allé sont (toutes dans les Alpes françaises) : La Rosière (lien vers You Tube), Risoul, La Chapelle d’Abondance, Méribel, La Plagne, Les Orres, Valloire, Les 2 Alpes, Val d’Isère, Châtel, Les Coches et Val Cenis.

J’ai commencé à apprendre à jouer basket en Vétérans à la JS Soignies, ce n’était pas évident sans connaitre les fondamentaux et les techniques de jeu collectif… J’ai donc abandonné !

En septembre 2018, j’ai participé à mon premier triathlon “DO” (1,5 km nat. – 40 km vélo – 10 km running) à Huy (Belgique)

Mes meilleurs chronos en course à pied (depuis septembre 2014) jusqu’à présent sont :

  • 5 km : 19’00”
  • 10 km : 39’20”
  • 20 km (of Brussels) : 1h27’49” (2016)
  • Half-Marathon (21,095 km) : 1h26’57” (25/03/2018, Mons)
  • Marathon (42,195 km) : 2h58’08” (07/10/2018, Köln)

J’ai couru 7 marathons (Anvers 2016 en 3h20′, Amsterdam 2016 en 3h16′, Anvers 2017 en 3h37′, blessé, Reykjavik 2017 en 3h07′, Namur 2018 en 3h03′, Köln 2018 en 2h58′ et Brussels 2018, 3 semaines après Köln, en 3h07′).

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